Houillères de la Loire

Le plus ancien document mentionnant l’existence du charbon dans le département de la Loire date de 1321. À partir du XVIe siècle, les premiers exploitants extraient le charbon à ciel ouvert et par « fendues », galeries inclinées creusées à partir de la surface. La mise en service en 1827, du premier chemin de fer entre Saint-Étienne et Andrézieux, puis son prolongement en 1830 vers Givors et Lyon, accélèrent le développement industriel et minier de la région.

Le bassin houiller s’étend du Sud-Ouest au Nord-Est entre Givors et Firminy sur plus de 50 kilomètres de long et 12 kilomètres de large. La Nationalisation regroupa 19 sociétés privées comprenant 23 puits d’extraction, 14 fendues, 17 lavoirs, 4 ateliers d’agglomération, 5 centrales thermiques et 3 cokeries. Quatre compagnies principales dépassaient une production de 500 000 tonnes par an, il s’agissait de la Société des Mines de la Loire, de La Compagnie de Roche-la-Molière et Firminy, de la Compagnie de Montrambert et de la Béreaudière et de la Compagnie des Houillères de Saint-Étienne. Quatre compagnies secondaires avaient des réserves et des productions plus faibles mais des conditions techniques d’exploitation satisfaisantes, il s’agissait des mines du Cros, de la Compagnie des Houillères de la Chazotte, de la Compagnie des Houillères de Saint-Chamond et de la Compagnie des mines de la Péronnière avec, pour cette dernière, des travaux à plus de 1100 mètres de profondeur. Les autres petites exploitations ne devaient leur existence et leur survie qu’à la pénurie de charbon provoquée par la guerre. Certaines n’avaient pas dépassé le stade artisanal et presque toutes furent vouées à une disparition rapide.

En 1966, au plus fort de sa production, le bassin était alors divisé en quatre unités administratives appelées « exploitation » nommées d’Ouest en Est : Montrambert, Varenne, Couriot et Talaudière.

En 1968, une liaison de 7 kilomètres, creusée entre le puits Couriot et le puits Pigeot, ainsi que la modernisation de la machine d’extraction de ce dernier, permirent une concentration de l’ensemble de la production du bassin sur ce puits et son lavoir. Après l’arrêt de l’exploitation fond en 1983, quelques découvertes furent exploitées jusqu’en 1992, date à laquelle toute activité charbonnière cessa dans le bassin de la Loire. La production totale du bassin de la Loire depuis son origine, est estimée à 460 millions de tonnes.

L’exploitation Montrambert : sa production était de 2000 tonnes par jour avec un rendement de 1500 kg. Cette exploitation comprenait deux secteurs distincts, la Béreaudière où l’extraction était assurée par le puits des Combes et Montrambert avec le puits Pigeot mis en service en 1942 sur la commune de la Ricamarie. Ce puits fut le dernier à fermer en 1983.

Puits encore visibles dans les années 1980 (photos ci-dessous) : Puits Pigeot, foncé en 1933, 870 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1989 – Puits Marseille, foncé en 1849, 859 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1986 – Puits Flottard, foncé en 1903, 935 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1985 – Puits Du Marais, foncé en 1903, 840 m de profondeur, fermé en 1983 – Puits des Combes, foncé en 1935, 469 m de profondeur, fermé en 1983.

  • L’exploitation Varenne : la production journalière avoisinait les 2 500 tonnes avec un rendement de 2000 kg. L’extraction se faisait à partir du puits Charles, situé à Roche-la-Molière, puits moderne à deux compartiments, mis en service en 1943. Il fut mis en sommeil en 1976 et définitivement arrêté en 1983.

Puits encore visibles dans les années 1980 : Puits Charles, foncé en 1936, 751 m de profondeur, fermé en 1976, démoli en 1986. – Puits de la Chana, foncé en 1922, 894 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1990. – Puits Isaac, foncé en 1928, 901 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1985. – Puits du Marais, foncé en 1925, 293 m de profondeur, fermé en 1983, démoli en 1988. – Puits Gruner, foncé en 1877, 529 m de profondeur, fermé en 1980.

L’exploitation Couriot : sa production journalière était de 2000 tonnes et le rendement de 1900 kg. Le charbon était remonté par la fendue des Passerelles tandis que la circulation du personnel et du matériel se faisait par le puits Couriot situé en plein cœur de la ville de Saint-Étienne. Il cessa son activité en 1973, les installations furent sauvegardées et transformées en musée de la mine.

Puits encore visibles dans les années 1980 : Puits Couriot, foncé en 1911, 715 m de profondeur, fermé en 1973, musée. – Puits de Basse Ville, fermé en 1973, démoli en 1990.

L’exploitation Talaudière : sa production journalière était de 1800 tonnes et le rendement de 2600 kg. La production se faisait d’un côté à partir du puits Verpilleux, à Saint-Étienne, mis en service en 1952 et, d’un autre côté, à partir de la fendue de la Chazotte. Cette exploitation fut arrêtée en 1968.

Autres vestiges miniers encore visibles dans les années 1980 : le puits de Combelibert à Rive de Gier, foncé en 1780, 212 m de profondeur, fermé en 1930, et les bâtiments des puits Chana 1 et 2 à Villars,n°1 foncé en 1868, 503 m de profondeur, démoli.